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Enseignants contre la privation de parentalité

Lettre ouverte et témoignages à propos de la loi sur le mariage homo

Lettre aux enseignants sur le mariage homo

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Chers collègues,

Travaillant tous les jours avec des enfants et en lien avec leurs familles, nous vivons concrètement les conséquences des blessures familiales des élèves et nous pouvons protester contre ce qui pourrait les aggraver, la création de situations de privation de parentalité.  

Même si on évite généralement les sujets trop polémiques et politiques entre enseignants, pour préserver la paix de la salle des professeurs ; je me permets cependant de vous transmettre l’appel à manifester le 13 janvier contre la loi sur le mariage homosexuel.
 

Oubliant tout principe de précaution, cette loi va créer des situations blessantes pour certains enfants, alors qu’elles auraient pu leur être épargnées.
Il ne s’agit pas seulement d’aménager le quotidien de personnes qui ont choisi de changer de mode de vie après avoir eu des enfants dans un cadre hétérosexuel ; il s’agit de rendre possible ce qui ne l’est pratiquement pas actuellement. En organisant des adoptions par des couples homosexuels, ce projet de loi donnera à des adultes le pouvoir de priver des enfants de liens vécus, quotidiens et concrets avec l’autre moitié de l’humanité.
Ceux qui ont perdu un père ou une mère dans leur enfance et les enfants qui ne voient leur pères ou leur mères que tous les quinze jours savent que ce qui leur manque n’est pas l’amour de leurs parents présents, mais l’expérience concrète et quotidienne de l’altérité sexuelle qu’apporterait le parent dont ils son privés.  

Même si certains enfants affirment ne pas se porter plus mal d’avoir des parents homos, il faut penser à ceux qui en souffriront. Au-delà d’une bataille d’exemples ponctuels d’histoire réussies ou de drames personnels et de malaises majeurs, les études scientifiques prouvent « que dalle », et même un peu plus. Quand elles sont sérieuses, elles montreraient que sur le long terme, les enfants élevés par des homos ont au moins le même genre de baisse de résultats scolaires et sociaux que ceux qui ont subi le divorce de leurs parents. La différence serait que des enfants adoptables ou nés de PMA auraient pu éviter un double traumatisme, l’adoption et en plus une famille incomplète.  

La loi envisagée conduit aussi à l’instrumentalisation du corps humain. Les pays étrangers refusent le plus souvent d’exporter leurs enfants s’ils risquent d’être adoptés par des homos. Les enfants disponibles étant très rares, les députés socialistes se préparent à admettre dans la foulée la création d’enfants sans pères en ouvrant la procréation médicalement assistée à des couples de femmes.  Pour les couples d’hommes, Pierre Bergé affirme qu’il est pour la gestation pour autrui, au risque de faire du corps de la femme un simple matériau biologique : « Moi, je suis pour toutes les libertés. Louer son ventre pour faire un enfant ou louer ses bras pour travailler à l'usine, quelle différence ? C'est faire un distinguo qui est choquant."  

Par ailleurs, la reconnaissance juridique de couples de deux hommes ou de deux femmes ouvre un débat sur les fondements symboliques de la cité. Tel qu’il est engagé, il risque d’aboutir à une réduction de la liberté de désapprouver tel ou tel comportement.
C’est la tentation actuelle qui se manifeste quand certains amalgament l’expression d’un désaccord et la « phobie » ou la violence à l’égard des personnes. Cette tentation se manifeste par la réduction de la liberté d’expression des députés socialistes qui seront privés de la liberté de voter contre la loi envisagée.  

La droite et les catholiques n’ont pas le monopole de l’opposition à la loi sur le mariage et l’adoption pour les couples homosexuels.
Parmi les professionnels de l’enfance, de nombreux philosophes, psychologues et psychanalystes s’y opposent dans L’humanité, Psychologies et Elle ou chez des psychologues et des psychiatres dont Aldo Naouri ainsi que des pédiatres.
On trouve aussi dans cette opposition des homosexuels dont un futur manifestant, un documentaristes qui refuse le communautarisme et la réduction à l’homophobie, des artistes, ou des maires ; plus de mille jeunes, des personnes nées sous X et adoptées ensuite et des membres du haut conseil de l’adoption ainsi que des orphelins d’un parent * * *.
Des juristes et des avocats s’y opposent. Le président du tribunal pour enfants de Bobigny, Jean-Pierre Rosenczveig, engagé à gauche refuse ce projet de loi au nom de la défense des droits de l’enfant.
Les médias ont parlé de l’opposition de nombreux évêques, et un peu moins des arguments du grand rabbin Gilles Bernheim qui peut aussi avoir été sensibilisé à la question par la perte de son père à 14 ans.
Au sein de la gauche on peut noter l’opposition publique de la philosophe Sylviane Agacinski, les réticences de Lionel Jospin ou du maire de Lyon, membre du Grand Orient de France, l’opposition de nombreux chrétiens de gauche, de la député-e maire PS de Chambéry, de Bernard Poignant, conseiller de François Hollande, orphelin de père et maire PS de Quimper, de Jean Pierre Chevènement, mais aussi du député Radical de gauche de l’Allier de membres du Front de gauche, de socialistes martiniquais. On pourra aussi se souvenir des déclarations passées d’autres socialistes.

Ces oppositions correspondent au débat qui traverse la gauche entre ceux qui veulent qu’elle fasse des réformes sociales et ceux qui veulent qu’elle se spécialise dans les réformes sociétales qui donnent plus de libertés aux individus puisqu’on ne pourrait pas grand-chose pour changer le fonctionnement de l’économie.

V.B.

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